La CAIDP : une bouffée d’air démocratique en Côte d’Ivoire

  
  
14/07/2016 | Source: http://politikafrique.info/
La CAIDP : une bouffée d’air démocratique en Côte d’Ivoire

Les citoyens Ivoiriens peuvent désormais s’informer sur la gestion des  services publics grâce à la loi de décembre 2013 relative à l’accès à l’information d’intérêt public. La Commission d’Accès à l’Information d’Intérêt Public et aux Documents Publics (CAIDP), chargée de veiller au respect de cette loi, est active depuis un an. Comment fonctionne -t-elle?

Sériba Koné, journaliste-reporter ivoirien à Le Pointsur.com, préside l’Organisation Nationale des Journalistes d’Investigation de Côte d’Ivoire (ONJ-CI). Son travail au quotidien lui recommande de faire des recherches approfondies, de discuter avec diverses sources. Mais il ne lui est pas toujours aisé d’accéder à certaines informations pour rédiger ses articles. C’est ce que le concerné confie à Politikafrique.info.
« A chacune de mes investigations, j’adresse des courriers aux autorités de la place qui savent que cette loi existe. On ne me laisse pas accéder facilement à l’information. Quand j’ai affaire aux directions sous tutelle du ministère de la Santé, on me rétorque qu’il faut la permission du ministre », se plaint le journaliste. Et d’ajouter : « quand j’appelle le service de communication, le responsable me fait savoir que le courrier ne lui est  pas encore parvenu. Je suis obligé de passer par les sources non officielles au sein de la direction concernée. Cela pose un problème de crédibilité quand on a à écrire que « nos tentatives pour joindre un tel sont restées vaines », regrette-t-il.

Olivier Akoto, responsable de la direction de la communication du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, rétorque aux propos de Sériba Koné. « Nous ne sommes pas difficile d’accès. La preuve en est que vous venez de nous joindre.  Le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, est un ministère sensible car il y va de la vie de la population. Le cabinet a demandé aux directions et aux services rattachés de s’en remettre au service de communication lorsqu’ils sont sollicités par les médias, pour que nous puissions canaliser la communication. Quand un courrier de demande d’informations arrive à notre niveau, nous le traitons», s’explique-t-il.
Chacun dans son rôle, les propos sont contradictoires. C’est à ce stade que la problématique d’accès à l’information d’utilité publique se pose. Comment accéder à  cette information ? Que faire lorsqu’on est empêché d’accéder à l’information ? Quelles sont les informations communicables ou pas ?

La loi du 23 décembre 2013 relative à l’accès à l’information d’intérêt public répond à toutes ces interrogations et à bien d’autres. La Commission d’Accès à l’Information d’Intérêt Public et aux Documents Publics (CAIDP), institution indépendante créée dans la même loi, est chargée de veiller au respect de cette dernière.

« Vers la fin de la cachoterie », lance Kébé

Kébé Yacouba  est le premier président de la CAIDP depuis sa prestation de serment à la mi-2015. Ce grand professionnel des médias en Côte d’Ivoire a été choisi pour installer la nouvelle institution et lui donner vie.  Interrogé par Politikafrique.info  le 7 juillet 2016 à son bureau à Abidjan-Deux Plateaux, il pose l’enjeu de la loi : « C’est la fin de la culture de la cachoterie, de l’opacité. C’est la fin de la dissimulation. Vous, journalistes d’investigation, vous avez besoin d’un certain nombre de documents. Lorsque vous demandez le document, au bout de 15 jours, si vous n’avez pas de réponse, vous saisissez la Commission avec la preuve à l’appui. »

En tant qu’organe de régulation et de répression, la CAIDP entre alors en jeu pour contraindre l’autorité administrative en question de donner suite à la demande de documents. Elle en a les moyens juridiques et coercitifs. L’arsenal est vaste :pénalités, amendes, emprisonnement même.

 

Lire la suite...